Merci la vie : Mon anxiété, je la contrôle!

Je me souviens lorsque j’étais plus jeune, je sortais beaucoup. Je n’étais pratiquement jamais chez moi. J’étais à mes cours pour adultes, à mon travail à temps partiel ou en ville avec mes amis. Même à cette époque, je faisais des crises d’angoisse et de l’anxiété généralisée. Du plus loin que je puisse me souvenir, je me suis toujours senti dans cet état.

Quand j’allais à l’école primaire, lorsque j’étais dans l’autobus scolaire, je me rappelle très bien que ma gorge se serrait. J’avais de la difficulté à respirer et j’entrais dans un état de panique absolue. Pourtant, je connaissais le chemin et je n’étais pas seule, mes amis étaient à mes côtés, autant dans l’autobus qu’à l’école. J’avais ma petite routine. Mais rien n’allait. Je ne voulais pas être là. Je voulais être en sécurité, chez moi. Ma mère devait venir me chercher plusieurs fois par mois tellement ça me rendait malade.

Je me suis toujours bien senti à la maison. C’était une grande source de réconfort et de tranquillité pour moi. Après mon travail et la nuit dans les pubs, accompagnée de mes amis, j’aimais me réfugier dans ma chambre tranquille et y dormir jusqu’au lendemain après-midi.

En même temps, je rêvais d’être capable de sortir sans avoir de malaise. Je rêvais d’être capable de pouvoir m’amuser sans crainte et surtout, sans alcool. L’alcool a été pour moi, une grande béquille pendant plusieurs années. Je voyais tous ces gens s’amuser comme si rien d’autre ne comptait autour d’eux. Je les enviais secrètement. J’aurais tellement aimé être extravertie moi aussi! Mais j’étais plutôt le contraire. Bien que j’aie une personnalité dynamique, je suis une personne très introvertie. J’ai besoin de me ressourcer en silence et vaquer à mes passe-temps préférés afin de refaire le plein d’énergie.

Il y a déjà bien des années de cela, je prenais des médicaments contre l’anxiété et la dépression. Cela m’aidait beaucoup à m’épanouir et surtout à être plus extravertie. Je pouvais enfin sortir sans tracas. Je me sentais invincible. Je pouvais être comme les autres! Je préférais endurer les effets secondaires des médicaments que de rester cloîtré chez nous à essayer de me convaincre de sortir sans faire de crises.

J’ai quand même fait partie d’un groupe de personnes qui souffraient de la même chose que moi. J’ai pensé que cela allait m’apporter le plus grand bien. Je me disais que d’être entouré de gens qui me comprennent pourrait peut-être m’aider à décrocher de ces antidépresseurs une bonne fois pour toutes. Je les ai pris en alternance pendant dix ans. Je me sentais prête à arrêter. Un peu de soutien ne pouvait pas me faire de tort.

En allant à la première rencontre, j’y ai rencontré de drôles de gens. Certains hésitaient à entrer dans la bâtisse. Ils retournaient à leur voiture, puis en sortaient, puis y retournaient. D’autres étaient assis autour de la table et regardaient droit devant eux, l’air terrifié. Moi, j’étais assise là et je les regardais en me disant : « Mon dieu, qu’est-ce que je fais ici ? » Je ne voulais pas les juger, mais c’était plus fort que moi.

L’animateur a débuté en faisant un tour de table afin que chacun se présente. Certains ne l’avaient pas facile, comme on dit. À côté d’eux, je faisais la belle vie! Puis, on a commencé à discuter de nos sentiments, de nos attentes dans la vie, comment allions-nous ou pouvions-nous surmonter cette angoisse terrifiante de continuer à avancer sans médication.

J’écoutais les autres parler et je me sentais comme dans un tourbillon. Tout était flou et chaque fois que quelqu’un parlait, je me disais que finalement, je n’étais pas si pire que ça. Une madame disait que ça faisait trois mois qu’elle se préparait mentalement à sortir de chez elle pour finalement rejoindre un groupe de support. Un monsieur racontait, en pleurant, à quel point son anxiété gâchait sa vie familiale, à quel point il se sentait coupable et qu’il désirait s’enlever la vie, car il ne voulait plus souffrir ni faire souffrir ses proches. Il avait peur de les perdre. Et moi, j’étais là et je me disais tout simplement :

« Merci la vie »

Cette soirée-là, j’ai eu un déclic. Je me suis dit « merci la vie », car au fond, j’ai réalisé que je n’avais pas vraiment de problèmes en tant que tels. En fait, oui j’en avais, mais ce n’était rien à comparer à d’autres. Je ne pensais pas au suicide; j’étais capable de sortir de chez moi, malgré tout, quand bon me semblait; mes amis et ma famille me supportaient constamment, peu importe la situation. Je n’étais pas vouée à moi-même. J’étais bien entourée et surtout, j’avais la volonté de vouloir changer.

Les premières années ont été difficiles quand j’ai arrêté la médication. Je me sentais toujours en combat contre moi-même. Mais j’étais déterminée à devenir mieux. Mon ouverture d’esprit, si minime soit-elle, m’as permis de rencontrer des gens extraordinaires, que je n’aurais jamais remarqués auparavant.

Ces personnes m’ont fait découvrir le yoga, le Pilates, la méditation et surtout, le Qi Gong Yoga, que je pratique maintenant et religieusement chaque jour. Ces nouvelles méthodes de vie, combinées à une meilleure alimentation et aussi à une diminution de ma consommation d’alcool, m’ont transformée. J’y ai découvert un espace plus calme et serein à l’intérieur de ma tête, de la compassion pour les autres (chose que j’avais peu dans le passé), de la confiance en moi et surtout : la maîtrise de mon subconscient, de mes pensées.

Bien sûr, il me reste encore un bon bout de chemin à faire, mais aujourd’hui, je suis fière de dire qu’il y a moyen de s’améliorer dans la vie, lorsqu’on croit en soi, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Il faut s’écouter et prendre cette chance avec nos deux mains, et la propulser dans l’univers.

On dit que le temps arrange les choses. Je dis que le temps guérit. Le temps nous aide à mieux nous découvrir et surtout, à mieux vivre le moment présent!

 

 

2 commentaires

    • Il est important de prendre son temps et d’y aller à son rythme! C’est ça l’important. Je suis contente que mon article puisse vous aider à vous donner de l’espoir! Je vous souhaite bonne chance! 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s