Sacré boulot!

J’ai une confidence à vous faire… je n’occupe pas l’emploi de mes rêves.

Je vous entends déjà me dire :

« Toi au moins, tu en as un! Pense à ceux qui en arrachent et qui sauteraient sur la première occasion de toucher un peu d’argent afin de se mettre quelque chose sous la dent ou d’apaiser le propriétaire qui réclame son loyer. »

Croyez-moi, je suis conscient d’avoir la chance de gagner correctement ma vie — oui, je me plains le ventre plein. Je sais aussi que le vent peut rapidement tourner et le château de cartes s’écrouler, nous laissant pantois, les bras ballants. Le spectre du chômage plane sur nos têtes telle une épée de Damoclès!

J’ai vécu cette désagréable expérience plus d’une fois durant ma jeunesse. N’ayant jamais eu de plan de carrière ni même de semblant d’intérêt pour une profession, j’ai négligé mes études tout en virevoltant d’un emploi précaire à un autre. Tout cela était sans conséquence : tant que j’avais assez de sous pour m’éclater et payer les factures, je me fichais bien de mes REER et de ma pension. Mais la donne a changé depuis l’arrivée de deux petits êtres dans ma vie. Tout à coup, les mots « avantages sociaux » ont pris toute leur importance ! Heureusement que j’ai un bon emploi…

Ou pas.

Le couperet est tombé en avril, mon poste a été aboli pour cause de restrictions budgétaires. J’ai passé les dix dernières années à travailler pour cette compagnie, obtenu ma permanence, roulant les mécaniques, me croyant intouchable. Oh ! Comme j’ai chuté de haut ! J’ai gaspillé mon été à essayer de me trouver un boulot, j’ai été jusqu’à m’ouvrir un compte LinkedIn. J’ai finalement réussi à décrocher un contrat de remplacement d’un an au sein de la même boîte. Le hic, je perds ma permanence. Je devrai me croiser les doigts en espérant un jour pouvoir regagner ce titre tant convoité que je tenais pour acquis. Mais en attendant, j’ai un pied dans la porte, je contribue à renflouer les coffres et je peux dormir sur mes deux oreilles.

Comme je le mentionnais plus haut, je n’ai pas pris mes études au sérieux et j’ai dû me botter le derrière afin de pouvoir redorer mon blason scolaire. Je terminerai bientôt un certificat qui aurait dû pallier mon manque de formation. Il était bien naïf de ma part de penser qu’il s’agirait du sésame susceptible de m’ouvrir toutes les avenues. J’ai encore beaucoup de croûtes à manger avant de pouvoir poser ma candidature à des postes dans le domaine dans lequel je désire œuvrer. On ne se décourage pas, « T’es beau, t’es bon, t’es capable ! »

Parlons-en du désir : doit-on travailler pour vivre ou vivre pour travailler ? Faut-il absolument ADORER son gagne-pain pour se sentir épanoui ? Dans le « bon vieux temps », on apprenait un métier, souvent celui de son père. On ne se posait pas de questions sur l’impact de celui-ci sur notre indice de bonheur — on le trouvait ailleurs, dans les petites choses. Oui, ça peut sembler cliché, mais on a parfois besoin de se le faire rappeler.

La société des loisirs que l’on nous avait promis jadis ne s’est pas concrétisée. Nous devons encore trimer dur afin de pouvoir nous offrir des sorties et des biens de consommation. Il est loin de moi l’idée de philosopher sur le sujet, mais est-ce qu’on ne se prend pas trop la tête avec le travail ? Il est vrai que nous y passons le plus clair de notre vie d’adulte et une bonne partie de notre jeunesse à s’y préparer. Faut-il pour autant qu’il soit une extension de notre personne ?

J’admire ceux et celles qui ont le feu sacré. Ces gens qui savaient d’entrée de jeu le métier qu’ils voulaient pratiquer et qui ont respecté leur plan de match sans y déroger. J’envie aussi ces éternels optimistes — monsieur et madame sourire — qui répandent la bonne humeur au gré de leurs rencontres dans le corridor.

Dans le fond, ce que j’essaie de dire c’est qu’on peut retirer du plaisir au bureau même si on n’occupe pas le poste de nos rêves. Pensez à la dernière fois que le patron a commandé de la pizza pour tout le monde ou au visage de votre collègue lorsqu’il s’est assis sur le sac à pets que vous lui aviez glissé sous les fesses.

Je viens de me dévoiler un peu plus : j’aime la pizza et les pets.

Les petites choses…

 

2 commentaires

  1. Bonjour Mathieu je suis une nouvelle collaboratrice sur C’est ta vie…et je pense comme toi que nous avons tous un destin à accomplir. Je crois aussi qu’en étend attentif à soi, à ce qu’on aime, à ce qui coule de source pour soi…Hé bien on risque fort de s’en approcher!

    Ça me fait penser ici aux livres « le Why Café » et le « Retour au Why Café » où John Stelecky évoque l’importance de ne pas oublier chacun le sens de sa vie pour soi d’une part et l’importance de ne pas oublier non plus « notre terrain de jeu » soit les sources de plaisir qui ont été au coeur de notre fun petit, mais qu’on peut tendre à oublier en vieillissant et en devenant trop sérieux, d’autre part. Profites bien de tes deux lutins. Ils peuvent aussi être de bons guides dans le plaisir. 🙂

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  2. Bonjour Diane,

    Je suis content de savoir que nous partageons la même philosophie quant à la façon de vivre notre vie. Il est vrai que nous oublions souvent de nous amuser et de prendre les choses comme elles viennent. Je te laisse avec deux citations du roman L’Alchimiste de Paulo Coelho.

    “Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.”

    “Dans la vie, tout est signe.”

    Bienvenue parmi nous!

    Aimé par 2 personnes

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