La fois où j’ai accueilli mon insomnie passagère comme une partenaire de route

Ahhh l’insomnie!

Bien qu’il y ait une panoplie d’articles, de livres, de conférences et de sites web y étant dédié pour mieux la comprendre et la vaincre, elle fait toujours partie de la vie de plusieurs. Même si je suis une spécialiste des habitudes de vie, de l’activité physique et du mieux-être, je ne suis pas pour autant épargnée par cette dernière. Elle fait aussi partie de ma vie parfois. D’ailleurs, plus souvent que d’habitude ces derniers temps.

En regardant mes « statistiques personnelles » des dernières semaines, j’en suis venue à l’évidence que je faisais de l’insomnie légère et passagère. J’avais besoin de plus de 30 minutes pour m’endormir, je me réveillais plus de deux fois par nuit pour plus de 30 minutes, en plus de dormir moins de 6,5 heures par nuit.

Mon sommeil était perturbé par quelque chose. Mais quoi ?

Au lever, l’humeur, la motivation et l’énergie ne sont pas nécessairement au rendez-vous: l’impact du manque de sommeil sur le corps et les différentes facultés cognitives n’est plus à démontrer. L’appréhension de la journée est à son plus haut point.

Pendant une période, mon imagination a même tenté de m’amener ailleurs pour limiter l’impact de mes pensées de projection un peu plus négatives de la journée à venir. Oh oui, mon cerveau m’a dirigé vers le monde de la magie (peut-être parce que j’espérais que l’insomnie s’envolerait comme par magie ?!). Alors, j’ai commencé à penser automatiquement à Harry Potter et la façon de ne pas prononcer le nom du sorcier maléfique. L’insomnie est donc devenue pour un moment le « TU-SAIS-QUOI » ou encore la condition « Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom »! Bref, je me trouvais bien drôle et cela m’a permis de prendre la fuite un instant en me disant que le tout allait se résorber.

Le temps a passé, et même avec de l’humour, la situation perdurait : je n’acceptais pas l’insomnie et elle ne disparaissait pas. Il s’est ensuite développé des sentiments très guerriers à l’intérieur de moi. Je me suis rendu compte que lorsque l’insomnie frappait à ma porte, je me mettais en position défensive, je canalisais toutes mes énergies pour avoir le dessus. J’ai compris que je me battais contre moi-même. Je voulais avoir le dessus sur moi-même. Cette sensation de contrôle ( ou d’illusion devrais-je dire! ) me faisait du bien: « Ce soir, je vais dormir. Je vais appliquer tous les trucs connus. Je vais les appliquer. Je vais gagner ».

J’ai vite réalisé que je mettais mon corps en état d’alerte plutôt qu’en position de calme.  Et vous savez quoi ? Rien n’a changé.

Au lever, la perception de ce qui allait se passer était grande (plus grande que ce que je vivais en réalité), mais bon, je me créais cette réalité soit en amplifiant les problèmes potentiels, en surgénéralisant l’attribution de ce qui n’allait pas bien dans la journée à l’insomnie ou encore en développant une inquiétude plus prononcée. Un jour, j’ai décidé de faire pause sur les pensées de ce genre. Puisque la réalité est une question de perception, je me suis demandé :

Et si je changeais de perception et d’angle d’approche ? 

C’est alors que j’ai décidé de revoir ma démarche pour combattre mon insomnie passagère.

Tout d’abord, je me suis réapproprié le mot (un peu comme Harry Potter qui n’a pas eu peur de prononcer le nom du sorcier!) : insomnie passagère. Je l’ai prise au mot et j’ai décidé de la considérer comme une partenaire de voyage; une passagère. Au lieu de la combattre, j’ai décidé de l’accueillir comme si je laissais monter quelqu’un dans mon auto. Du point A au point B, je l’écouterai, j’en apprendrai davantage sur sa présence dans ma vie, le temps de la route.

Pour réaliser cet accueil, j’ai décidé d’y aller avec bienveillance. Je voulais comprendre davantage ce que l’insomnie voulait m’indiquer : peut-être voulait-elle me rappeler que j’allais trop vite ? Que je ne connaissais plus vraiment le chemin pour me rendre à ma destination ? Que je ne prenais pas le temps de bien m’arrêter avant de reprendre ma route ? Que je manquais de gaz (ou que je devrais changer pour un autre type de carburant) ? C’est cela que je devais approfondir avec bienveillance, car mon corps utilisait l’insomnie pour me souligner que j’avais un besoin non comblé. Pourquoi essayer de la combattre avec autant d’énergie ?

Pour nous offrir de la bienveillance, il est possible de commencer par : 

1- Remercier le signal que nous a envoyé notre corps.

2- Se féliciter d’avoir compris que c’était un signal d’un besoin non comblé pour se rediriger vers un état de bien-être.

3- Accepter l’émotion ou l’état dans lequel nous sommes en nous demandant : qu’est-ce que cela tente de m’indiquer?

4- Prendre un moment avec soi pour  agir sur les besoins fondamentaux du point 3.

En parallèle à ce travail de réflexion, j’ai rassemblé les différentes idées provenant de ressources scientifiques reconnues (référence en fin de texte : « Le coin des curieux ») qui résonnaient pour moi à ce moment-là afin de réduire les chances d’amplifier mon insomnie passagère.

En rafales, voici quelques idées que j’ai revisité avec un esprit de bienveillance :

    • Revoir ma routine personnelle de la mise en nuit jusqu’au moment du coucher. Mes pensées du moment : est-ce que choisir mes vêtements de travail pour le lendemain tout juste avant de sauter au lit était vraiment le meilleur moment ? Qui dit vêtement pour demain dit tâches journalières, réunions, mandats et OH, je dois me rappeler d’envoyer ce courriel important!
    • Prendre un bref moment avec moi-même et mettre sur papier les éléments du travail que j’avais en tête pour le lendemain afin de faire le vide avant de me coucher. Mes pensées du moment :  quelques instants ont suffi pour faire un remue-méninge avec moi-même et ainsi sortir tous les éléments du travail qui pourraient me tracasser durant la nuit. Et je sais que demain, je n’oublierai pas les détails de ce fameux courriel. 
    • Pratiquer la respiration profonde et la détente. Mes pensées du moment : prendre un moment de détente avec moi-même, me recentrer sur autre chose… et ne plus penser à mon courriel… oui ce fameux courriel à ne pas oublier! 
    • Mettre un filtre de lumière bleue sur mon cellulaire pour éviter toute stimulation hormonale et cérébrale avant d’aller me coucher. Mes pensées du moment : oh non, je ne laisserai plus la lumière de mon cellulaire envoyer des informations erronées à mon cerveau qui supprimerait la sécrétion de l’hormone du sommeil : la mélatonine. 
    • Retarder mon heure de coucher jusqu’au moment de fatigue plutôt que d’être dans mon lit à attendre le sommeil (et à stresser!).
    • Recadrer mes pensées du lendemain matin lorsque j’avais fait de l’insomnie en me posant des questions clés : est-ce que mes perceptions sont valides ou non ? Si non, alors, trouver des façons de les remettre en question et les substituer par des pensées plus positives et bénéfiques.

Bien évidemment, il existe plusieurs autres recommandations telles qu’éviter la consommation de tabac, de caféine, d’alcool ou de repas lourd avant le coucher, limiter les activités sportives vigoureuses deux heures avant le sommeil, limiter les activités de la chambre à coucher au sommeil et aux relations intimes, etc. L’important, c’est de choisir selon notre réalité et notre besoin.

Pendant plusieurs jours, j’ai continué de mettre en place ces différentes stratégies tout en effectuant mon travail intérieur pour comprendre le besoin fondamental que tentait de m’indiquer ma passagère le temps de sa route avec moi. Après quelques questions d’autocoaching personnel, je me suis rendu compte que j’avais particulièrement besoin, à ce moment-là, de m’accorder davantage le droit à l’erreur au travail sans viser la perfection, l’excellence, avec les ressources (matériel, temps, support, etc.) que je possédais à ce jour.

J’ai donc continué ma route en ayant conscience de ce besoin fondamental. Mes nuits s’apaisèrent davantage.  Mon humeur, ma vitalité et mon énergie reprirent le dessus.

En comprenant ce que l’insomnie était venue me dire, j’ai réussi à changer de direction en utilisant d’autres routes plus bénéfiques pour moi au quotidien. Maintenant, je n’ai plus peur de dire « insomnie », car je la considère comme une partenaire de route pour m’aider à rester sur le bon chemin. Je la vois comme un signe envoyé par mon corps pour me dire de regarder à l’intérieur de moi et de me réserver un moment de bienveillance avant d’entamer une prochaine étape.

Est-ce que je suis toujours capable de l’accueillir avec bienveillance et de bien dormir systématiquement ? Non. Mais savez-vous quoi ? Je me donne le droit à l’erreur, sans viser la perfection, avec les ressources intérieures que je développe un peu plus chaque jour ;). Je perçois une différence. Tranquillement, mais sûrement!

Et vous, qu’est-ce que votre passagère de route tente de vous dire ?

Vitalement vôtre,

Joanna

Le coin des curieux:

Saviez-vous qu'il existe au Québec un Centre d'étude des troubles du sommeil (CETS). Nous y retrouvons différentes informations pertinentes et enrichissantes sur le sommeil. De plus, dans la section OUTILS, il y a notamment trois documents disponibles pour connaitre et démystifier davantage ses croyances et attitudes concernant le sommeil, la sévérité de notre insomnie en plus de nous fournir un agenda du sommeil à remplir pour nous guider dans l'analyse de notre situation. Bien entendu, cela ne remplace aucunement la consultation auprès de médecins et professionnels dans le domaine, surtout en cas d’insomnie clinique.

Finalement, il y a aussi un livre qui a particulièrement résonné en moi, autant professionnellement que personnellement. Il s'agit de celui de  M. Charles Morin «Vaincre les ennemis du sommeil », les Éditions de l’Homme. Ce livre a débloqué quelque chose chez moi. Je vous le partage simplement en cas où ceci résonnerait également quelque chose en vous. À chacun ses ressources, tant que nous nous accordons un peu de bienveillance dans notre cheminement. 😉

3 commentaires

  1. Merci pour ton article.
    Personnellement, je prépare mes vêtements la veille au soir pour le lendemain, je note au fur et à mesure les choses à faire, etc, et ainsi mon esprit est tranquille de ce côté-là.
    Mais je n’hésite pas à prendre 1/2 comprimé d’un léger somnifère si j’en ai besoin. Je me suis aperçue qu’il me procurait des rêves agréables en fin de nuit, donc pourquoi hésiter! – en cas de besoin, pour récupérer.
    A bientôt pour tes autres articles bien intéressants. Amicalement- france 🙂

    Aimé par 2 personnes

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