TDAH chez l’enfant n’égale pas «cause perdue»

Il y a quelques semaines, j’observais mes deux filles jouer ensemble. Contrairement à moi qui, pour m’amuser, faisais semblant de parler en anglais, de fumer, de marcher avec des béquilles ou  encore, de porter des lunettes; ma plus jeune jouait le rôle de l’enfant « TDAH », le  tannant de la classe, et sa soeur, ma plus vieille, avait le rôle de l’adulte qui  essayait de le calmer!

Il faut dire que ma plus jeune me répète souvent qu’il y a « une amie » qui n’est pas gentille avec elle et comme cette dernière est « TDAH », qu’elle ne peut pas intervenir. Il est clair pour moi que ma fille n’a pas compris ce qu’est le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

Cette situation me pousse à me questionner sur la signification, la perception, que l’on a du TDAH dans la société.

La maman orthopédagogue en moi trouve que le diagnostic du TDAH est souvent mal compris. Parce qu’un enfant TDAH, n’est pas un enfant mal élevé ou méchant : il est lui, différent et unique, tout simplement, tout comme n’importe quel enfant d’ailleurs!

À écouter les gens parler, la grande majorité des enfants serait TDAH. Je trouve que l’acronyme TDAH est SURutilisé dans notre société, ce qui le rend banal, peu important, et surtout, mal compris.

Bien que dans plusieurs cas le diagnostic soit réel, il devient facile pour certains parents de passer outre leur rôle premier : élever leur enfant. Se taire et accepter les comportements dérangeants parce que « tsé, c’est pas sa faute, c’est son TDAH. Peu importe ce que l’on va dire ou faire, ça changera rien! »

Eh bien non! Détrompez-vous! Un enfant TDAH n’est pas en DROIT de frapper un autre enfant, même si c’est son impulsivité qui a pris le dessus et même si de son point de vue, c’est l’autre qui est dans le tort. Il ne faut pas banaliser leurs comportements, bien que cela soit parfois difficile de réagir adéquatement. Cet enfant a besoin de vous!

Si, tout comme moi, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre (dans notre cas, il s’agit d’anxiété, mais bon, je crois que côté relation parent-enfant il peut y avoir similitudes), il est d’autant plus difficile pour un parent lui-même TDAH d’intervenir avec calme et cohérence auprès de son enfant, car il doit tout d’abord gérer ses propres émotions, contenir son impulsivité et pour se faire, il doit être en mesure de se concentrer, ce qui n’est pas chose facile pour lui, alors devoir en même temps intervenir adéquatement peut se révéler toute une épreuve. Il faut donc que l’entourage soutienne les parents dans leurs efforts, les encourage à persévérer, à ne pas abandonner, en faisant preuve de respect et de compassion, car s’occuper d’un enfant ayant un TDAH (plus une ou plusieurs comorbidités comme le trouble oppositionnel, le trouble anxieux généralisé, le syndrome De La Tourette…) ce n’est pas facile, c’est épuisant, mais c’est important.

TDAH ou pas, un enfant reste un enfant, qui a besoin de l’appui et du soutien de sa famille, mais aussi de tout son entourage. Lorsqu’un enfant a « un bon fond », ça se ressent, même à travers ses gestes impulsifs; il a des regrets, il souhaite réellement faire un effort. Lorsque l’orage est passé, le beau temps revient. Il faut faire un bout de chemin avec lui, une fois le calme revenu, et discuté de ce qu’il a vécu, ressenti et comment il aurait pu exprimer son émotion autrement.

Dans le cas de ma fille, je lui répète souvent que cette petite fille n’est pas en droit de l’importuner, et qu’il faut au contraire qu’elle en parle à son enseignante lorsque ça se produit. Celle-ci trouvera des façons d’intervenir qui permettra à tout le monde d’être bien à l’école. Et si cette fillette a bien un TDAH, le support qu’on lui apportera la guidera bien au-delà de quelques chamailles d’école.

Personne n’est pareil, tout le monde a un petit « je ne sais quoi » de différent de son voisin. L’orthopédagogue en moi estime que le diagnostique de TDAH doit continuer d’être expliqué et l’enfant d’être accepté tout comme doit l’être un enfant à lunettes, un enfant avec des broches, un enfant plus petit, un enfant avec un handicap, un enfant avec les cheveux roux, un enfant avec un petit nez, un enfant avec des souliers rouge, un enfant avec… Bref, vous comprenez ce que je veux dire.

Il ne faut plus percevoir le «TDAH» comme étant un état différent et étiqueter l’enfant qui l’a comme une cause perdue, car ce n’est pas du tout le cas! Tout comme on doit le faire avec n’importe quel enfant, il faut tenir compte de ses différences, ses difficultés, pour adapter nos interventions, mais aussi sur ses qualités, ses forces, ses bons côtés et tout faire pour préserver son estime de soi!

Parce que l’acronyme TDAH peut aussi vouloir dire :

Toujours se Dépasser et ne pas Attendre pour être Heureux !

 

Avec la collaboration de Karine Cyr

 

 

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