«Faire son deuil», ça veut dire quoi ?

Nous sommes tous confrontés, à plusieurs moments de notre vie, aux départs de personnes qui nous sont chères. Je me suis retrouvée dans cette situation, il y a quelques semaines. C’est la première fois que je me suis posé autant de questions sur le deuil et que je me suis donnée la permission d’exprimer autant ma peine.

Malgré le fait que j’ai travaillé pendant des années auprès de familles endeuillées, je n’ai réalisé qu’à cette dernière et difficile occasion l’importance d’être présent dans les derniers moments de vie de l’être cher, notamment pour partager un dernier instant avec lui et  ainsi être capable de mieux faire mon deuil.

En ces temps d’Halloween, je trouvais important de se rappeler ce que «faire son deuil» voulait dire, car au-delà du folklore, des déguisements et des bonbons, cette période de l’année devrait aussi nous permettre de prendre un temps d’arrêt pour nous assurer que nous sommes capables de vivre nos deuils.

Dans mon cas, je suis passée par plusieurs phases et les derniers échanges que j’ai eus avec mon ami m’ont permis d’être présente pour partager la tristesse que j’avais de le voir partir.

Mais cela m’a aussi rappelé toutes les fois où j’avais vécu un décès sans m’autoriser à passer à travers toutes ces étapes, sans m’autoriser à prendre le temps d’être triste, d’être en colère… C’est pour cette raison que je réalise maintenant l’importance de célébrer nos morts. Je le vois comme une occasion de continuer à leur exprimer les choses que nous aurions voulu leur dire, mais que le manque de temps ou la gêne nous a empêché de faire.

La Toussaint, c’est donc ça avant tout : prendre une pause pour continuer à faire notre deuil, à accepter toutes les émotions qui nous emplissent, afin un jour, d’être également en paix avec nous-mêmes, malgré l’absence de ceux que nous avons aimés.

Et parce que dans certains cas, retrouver notre paix intérieure n’est pas facile, il peut être important de se faire accompagner. La Maison Monbourquette est une organisation qui offre un soutien aux endeuillés.

J’en profite également pour vous partager un outil que je connais depuis longtemps, mais dont j’ai vraiment compris le sens que maintenant : Les 5 étapes du deuil. »  C’est un outil qui permet de nommer, sans juger, nos sentiments. Ce que j’en retiens, c’est vraiment d’accepter de libérer ce que l’on ressent et de vivre ce moment pleinement pour être sûre de se rendre, à son rythme, vers la prochaine étape.

Le deuil se déroule généralement en 5 étapes :

Étape 1 : Le choc et le déni: lors de l’annonce de la maladie ou du décès, nous sommes touchés par la tristesse ou par l’impossibilité de réagir, le temps d’encaisser le choc.

Étape 2 : La colère vient souvent ensuite, liée au sentiment d’injustice, à la frustration de ne pas avoir eu assez de temps pour «profiter» de la compagnie de cette personne…

Étape 3: Vient ensuite la période de marchandage où nous essayons de voir ce qui est en notre pouvoir pour éviter le départ de notre proche et où nous pouvons penser que nous sommes responsables de la situation et que nous pouvons y changer quelque chose.

Étape 4 : La grande tristesse est le moment où nous exprimons notre peine. Il arrive souvent que l’on veuille la retenir, montrer que l’on est fort(e), que tout ira bien, etc. Or nommer sa peine, l’exprimer et la laisser aller est parfois considérée comme une faiblesse; nous estimons que comme nous sommes chanceux de rester, nous ne pouvons pas accabler notre proche qui lui va nous quitter.

Étape 5 : L’acceptation, qui peut prendre plus ou moins de temps avant ou après le départ de notre proche.

Cette année, ce sera différent, maintenant que mon ami nous a quittés.  Je vais désormais prendre le temps, chaque année, de me souvenir des proches qui m’ont quittée, de laisser aller la tristesse qui m’habite encore, de laisser sortir ma colère de ne pas avoir pu échanger avec eux de manière authentique.

Et avec les vivants, je me fais la promesse de continuer à partager avec eux ce que je ressens, à m’assurer d’être présente pour eux quand ils en ont besoin et surtout…

À profiter du moment présent sans me laisser emporter par le tourbillon de la routine!

 

 

2 commentaires

  1. Toutes mes condoléances. Ce doit être une très grande épreuve que celle de perdre son mari à un si jeune âge. Votre article dur le deuil est très sidant tant pour la perte physique d’un être cher que pour laisser aller des bouées de sauvetages relationnelles ou personnelles auquelles ont s’accroche pour ne pas trop souffrir mais qui en fait nous garde otage d’une vie passée et nous empêche de recommencer à biuger dans notre vie. Merci pour ce touchant partage.

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  2. Merci pour vos bons mots. Heureusement pour moi, il ne s’agissait pas de mon conjoint, mais d’un ami. La tristesse est là, mais je suis chanceuse d’avoir toujours ma moitié à mes côtes

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