Un sujet tabou : le deuil

J’ai 38 ans et je me définis comme étant un messager, une éveilleuse de conscience, comme une artiste multidisciplinaire, mais avant tout, je suis une maman. J’ai plusieurs diplômes sur mon mur, mais il y a plusieurs domaines pour lesquels il n’existe pas de formation, dont celui d’apprendre à transcender l’épreuve du deuil.

J’ai vécu personnellement plusieurs deuils, je ne parle pas simplement de celui de l’humain, mais aussi celui du quotidien. J’ai un jour croisé sur ma route un homme généreux, qui m’avait offert de faire ma numérologie. Ayant toujours été attirée par ce genre de « science du hasard », je me suis prêtée au jeu, mais je n’étais pas prête à entendre une phrase qu’il allait me dire : « J’ai rarement vu un chemin de vie comme ça à un si jeune âge : ta vie va être une succession de réussites et d’échecs… ». À 21 ans, tu entends seulement le mot échec. Puis avec le temps, tu te rends compte que ce ne sont pas vraiment des échecs, mais plutôt des épreuves ou des opportunités de relancer sa vie… Et étrangement, il avait vu juste. Plutôt que de me laisser abattre, j’en ai tiré des leçons : j’ai appris à lâcher-prise, j’ai appris la résilience et j’ai pu accueillir le changement au lieu de le subir…

Le deuil, c’est vaste.

Les premiers deuils auxquels on pense sont ceux de notre animal de compagnie ou de nos grands-parents. Le choc de voir flotter le poisson rouge dans son bocal évoque chez l’enfant une foule de questions sur l’après-vie, tout comme les feuilles qui tombent de l’arbre en octobre : ils éveillent une réflexion sur le cycle de la mort et de la vie.

On oublie par contre que cela peut aussi être la perte d’un emploi, de faire face à la maladie, un déménagement ou toutes autres situations pour lesquelles on n’était pas préparé tel que je l’ai vécu lorsque j’ai appris que mon fils était autiste… Puis il y a ceux que, lorsqu’on avance en âge, on redoute : le départ des enfants du nid familial, le deuil du couple lors d’une séparation ou d’un divorce, la maladie ou le cancer d’un proche, la mort de nos parents (père ou mère), et le plus difficile, le deuil d’un enfant ou du conjoint…

J’ai eu à vivre plusieurs de ces deuils. Malgré le temps qui passe, j’ai encore besoin de combler le vide qui s’est créé suite à ces épreuves. Je me suis rendu compte qu’il est difficile de partager ce vécu avec des gens qui ne sont pas passés par là. L’empathie des gens fait en sorte qu’ils sont dans leurs propres ressentis face à notre situation et ne sont pas en mesure de bien comprendre ce que nous vivons. Ils vont nous dire des phrases comme :

« Je ne sais pas comment tu fais, à ta place je n’aurais pas été capable de passer à travers…»

« T’inquiètes pas, tu vas voir, dans quelques semaines ça va aller mieux! »

Ou encore des platitudes telles que

« Tu ne t’en rappelleras pas le jour de tes noces! »

À leur défense, ces phrases « toutes faites » cachent le malaise que nous avons à parler des deuils. Parler de la mort, c’est encore un sujet tabou. S’il est difficile de parler de nos sentiments face à un échec amoureux ou professionnel, comment une jeune maman de 29 ans peut alors trouver du réconfort et une oreille attentive pour parler du décès accidentel du père de ses deux enfants?

Cela m’a pris 10 ans et beaucoup de volonté avant de reconnaître enfin cette grande force que j’avais eue pour passer à travers ce que j’ai vécu, de m’accepter et d’accepter le fait que j’avais le droit d’être heureuse malgré mes nombreux échecs. Que ceux-ci avaient été placés sur ma route pour une raison précise et que je devais en comprendre le sens un jour…

Alors voila… je suis persuadée que vous aussi, inconsciemment ou non, vous avez vécu des deuils qui ont forgé ce que vous êtes. Peut-être aurez-vous envie de partager ceux-ci avec moi ? Histoire de se faire du bien et de ne plus être seul dans notre chagrin…

Namasté!

Daisy

 

Ce texte a initialement été publié sur la Page Facebook de Rester Vivant.

 

 

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